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La production de vue d'optiques

Si la production de vue d’optique est abondante, elle est finalement assez mal connue, car les acteurs de cette industrie demeurent difficiles à identifier. Il est très rare que les lettres des vues fassent mention des graveurs qui les ont réalisées ou des artistes (dessinateurs ou peintres) qui ont inventé le motif. Seuls les noms des éditeurs apparaissent : une information stratégique pour le client d’alors, puisqu’il renseigne sur le lieu où l’on peut acquérir l’estampe.

Une même vue d’optique pouvait être successivement commercialisée par plusieurs éditeurs, les matrices d’estampe pouvant changer de main à l’occasion d’une vente ou d’une succession. Lorsqu’il entrait en possession d’un matrice, l’éditeur commençait par faire effacer l’adresse du précédent propriétaire de la lettre pour y placer la sienne. Ainsi, les matrices de vues d’optique que possédait le marchand et éditeur Daumont ont été acquises par Lachaussée, qui les cédera à son tour à Basset. A chaque transaction, le nouveau propriétaire ajoutait son nom à la lettre.

Il arrive également que plusieurs éditeurs s’associent pour commercialiser une vue : ainsi, 1766, marchand parisien, Jacques Chereau co-édite avec l’éditeur anglais Wichnyther des vues de Venise.

Par conséquent, il n’est pas rare qu’une collection rassemble plusieurs exemplaires d’une même vue, présentant chacune une adresse différente : c’est que la matrice a circulé de main en main : chaque exemplaire correspond à un état.

On trouve également parfois plusieurs variantes d’une même vue, certaines étant inversées, ou présentant de légère différence dans le costume ou la disposition des personnages : il s’agit le plus souvent de copies ou de contrefaçon. Lorsqu’il voulait agrandir son catalogue de vues d’optique à moindre frais, un éditeur pouvait acheter des vues éditées par ses concurrents et charger un de ses graveurs d’en effectuer la copie.


En l’absence de catalogue raisonné des vues d’optique, il est parfois difficile pour l’historien de l’art de dater ces vues et de distinguer l’original des contrefaçons. Le travail est rendu plus difficile encore du fait que beaucoup de vues d’optiques ont été découpées, faisant disparaître les informations précieuses fournies par la lettre, quand celle-ci n’a pas été masquée par une épaisse couche de peinture noire.