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L'Italie dans les vues d'optique

Parmi les trois cent quarante vues d’optique rassemblées par Alice Collier, quatre-vingt-dix-neuf concernent l’Italie, soit près d’un tiers de la collection
 
Avec cinquante-huit vues, Rome est la cité la plus représentée, suivie par Venise (dix-huit vues) et Florence (six vues). Les dix-neuf vues restantes figurent quelques monuments des villes de Naples, Palerme, Parme, Pavie et Vérone. 
 
Cette surreprésentation de Rome n’est pas surprenante : elle est une étape obligée du Grand Tour et son territoire recèle mille et une merveilles antiques et modernes que l’honnête homme se devra d’admirer. 
 
Les ruines antiques, redécouvertes depuis le XVIe siècle, nourrissent l’imaginaire des artistes du XVIIIe siècle et suscitent les premières études archéologiques. 
Les monuments les plus importants, comme le Panthéon ou le théâtre de Marcellus, sont fréquemment représentés dans les vues d’optiques, avec une certaine fidélité topographique. D’autres vues mêlent allègrement vestiges antiques subsistants et monuments fantasmés. 
 
Les graveurs chargés de l’exécution de ces vues d’optique, n’ayant jamais voyagé en Italie, s’appuient sur une documentation iconographique fournie par l’éditeur. Ainsi, beaucoup de vues d’optique des monuments romains sont des copies simplifiées des gravures publiées par le Piranèse au milieu du XVIIIe siècle. 
 
Si la Rome antique fascine, la Rome moderne est également célébrée par les vues d’optique : les vastes places, comme le Capitole, la place Navone ou la Piazza del Popolo, se prêtent parfaitement à la représentation en perspective. Les plus belles églises romaines, comme Saint-Jean-de-Latran, Saint-Paul-hors-les-Murs ou Saint-Pierre sont fréquemment représentées, avec plus ou moins de rigueur. Ainsi, la vue intérieure de Saint-Jean-de-Latran est plus certainement inspirée par une cathédrale gothique du nord de l’Europe que par la véritable basilique romaine. 
 
Au XVIIIe siècle, Venise fascine l’Europe par la magnificence de son urbanisme et par le talent de ses artistes : l’Europe entière prise les vedute peintes par Caneletto. Les vues d’optiques reprennent sujets les plus en vogue, comme les canaux et la place Saint-Marc. 
 
Là encore, la fidélité n’est pas toujours de mise : au début du XIXe siècle, Basset puis le marchand Hocquart diffusent sous le titre de « vue de Venise » le panorama d’une cité qui tient plus d’une ville fortifiée par Vauban que de la sérénissime. 
 
Florence est également une étape obligée des voyageurs en Italie, pour les trésors de la Renaissance qu’elle conserve. La place des Offices est l’une des vues d’optique florentine les plus diffusées : prise de la loggia qui borde l’Arno, la vue laisse apparaitre les galeries du Palais des Offices, le Palais Vecchio et le dôme de la cathédrale. De Florence, on apprécie également la vue sur le fleuve, traversé par le Pont de la Trinité. Le Ponte Vecchio apparait discrètement à l’arrière-plan.